HOMMAGE A ANGEL PERALTA

Un centaure s'en est allé.

C'est un immense cavalier et homme de cheval qui vient de tirer son ultime révérence.

J'ai pleinement conscience d'avoir eu le privilège de rencontrer à plusieurs reprises cet homme d'exception. Rencontré une première fois lors d'une édition de Cheval Passion, c'est lui et son ami Jose Sanz Parejo (qui fût un temps le directeur technique de la Yeguada de la Cartuja) qui me permettront d'acquérir l'un de mes étalons : Jartum, un pur cartujano. En dépit de sa renommée internationale, Angel avait la modestie et la simplicité qui sont l'apanage des plus grands.Outre ses talents d'écuyer, c'était également un poète ; lors d'un déplacement en sa compagnie j'ai eu l'occasion de le voir écrire un poème dans la voiture, les vers lui ayant été inspirés par les paysages ou des personnes rencontrées.

Lorsqu'il sera pressenti par l'ENE de Saumur pour intervenir lors d'un colloque sur les différentes équitations et le dressage, j'eus alors la chance de lui servir d'interprète. Je me souviens de ses interventions au cours desquelles il expliquait que, quelle que soit la discipline pratiquée, le dressage restait la base de toute équitation. Je garde également en mémoire une conversation lors d'un repas avec Alexis Grüss (également convié au colloque) et les échanges de ces deux très grands du dressage qui ne tarissaient pas d'anecdotes sur les joies et les difficultés rencontrées avec leurs chevaux.

D'une énergie hors du commun, je me rappelle l'avoir vu, âgé et handicapé lorsqu'il était à pied, se métamorphoser une fois à cheval, redevenant le jeune homme qui avait enthousiasmé les foules : tout lui redevenait alors possible : passage, piaffé, transitions, etc... rênes à la ceinture, le tout avec une facilité et une décontraction déconcertantes.

Lorsqu'il vint acheter en France, non loin de chez moi, une propriété suite à plusieurs années de sécheresse en Espagne, c'est lui qui me fera cadeau de la marque au fer de l'élevage que je garde précieusement et qui sert à marquer nos poulains depuis des années.

Angel, puisses-tu galoper dans les nuages pour l'éternité en compagnie de tes montures disparues.

Sabine GARCIA-LAGOS

Ses chevaux... jusqu'au bout..