Histoire du Pure Race Espagnol

Dès la préhistoire le cheval est présent en péninsule ibérique, en atteste des peintures rupestres dans la région de Malaga. Il est domestiqué dès le début de l’âge de bronze, vers 2900 avant JC.


Le cheval PRE d’aujourd’hui vient de lignées très anciennes. C’est une des races les plus stables et des plus anciennes documentées au monde. Il descend du genet d’Espagne qui, à la période médiévale, a été produit pour résister aux invasions maures de 711, lesquels avaient développé une cavalerie légère extrêmement mobile supérieure aux cavaleries lourdes nécessitant des chevaux robustes au détriment de leur agilité et endurance.

A la Renaissance, Antoine de Pluvinel, formé à Naples et maître d‘équitation de Louis XIII, et Salomon de la Broue, écuyer de Henri IV, fondent l’Académie d’Equitation à la Française, école d’art équestre respectueuse du cheval. Ils cherchent alors à développer des disciplines artistiques dont la pratique de l’art équestre nécessitant des qualités de souplesse et de mobilité des chevaux. C’est à ce moment
que sont acquis nombre d’exemplaires de chevaux andalous. Les guerres entre roi de France, napolitains et espagnols scelleront la supériorité du cheval andalou comme cheval de guerre agile, docile et résistant. C’est à cette même période que le cheval andalou a connu son développement en Amérique, arrivé sous la selle des conquistadores, hommes d’armes et cavaliers émérites venus d’Espagne. De François 1er à Louis XIV tous les souverains possèdent des chevaux andalous. François Robichon de la Guerinière, écuyer de Louis XV ainsi que Buffon, éminant scientifique et naturaliste sous le règne de Louis XVI, préfèrent également le cheval espagnol, le considérant comme « le meilleur de tous ».

Les guerres napoléoniennes et notamment la guerre d’indépendance espagnole au début du XIX° siècle ayant réuni espagnols, portugais et anglais contre l’empire napoléonien, viendront décimer le cheptel espagnol y compris les Cartujanos, réquisitionnés comme montures de guerre. En 1832 une épidémie vient réduire encore le nombre à quelques exemplaires sauvegardé parmi les troupeaux de Cartujanos.

Au milieu du XIX° siècle, l’ordre des moines chartreux abandonne le monastère de la Cartuja suite à la réquisition des biens de l’Eglise par le gouvernement espagnol. Les quelques chevaux sont alors abandonnés par les moines et dispersés dans les fermes alentours. Parmi elles, la Yeguada de la Cartuja – Hierro del Bocado, plus tard acquise par l’Etat, viendra préserver cette sélection de Cartujanos à partir de très peu d’exemplaires.

Les usages du cheval évoluant à la fin du XIX°, début du XX° siècle à cause de la mécanisation, les besoins de l’artillerie, l’engouement pour la vitesse et le saut pour ce qui est des disciplines sportives, auraient scellé le glas du cheval andalou si un petit nombre de passionnés ne l’avaient pas sauvé en créant notamment la « Cria Caballar », équivalent espagnol de nos Haras Nationaux, en 1864 par le Ministère de la Défense. Le cheptel de la Cria Caballar est monté sur la base des écuries royales
fondées par Felipe II à Cordoba (Cordoue). Elle formera les écuries de fer YM, Yeguada Militar. En 1897 la « Junta de la Cria caballar del Reino » est créée pour administrer le « Registro Matricula ». Le studbook du cheval de Pure Race Espagnole sera créé en 1912, séparant, à partir du cheval andalou, le PRE (Pure Race Espagnole) et le PSL (Pur Sang Lusitanien).

En 1973 sera créée par Don Alvaro Domecq l’école royale andalouse qui prendra le nom en 1987 de « Real Escuela Andaluza de Arte Equestre » pour perpétrer et démontrer les aptitudes à la Haute Ecole mais aussi à la doma vaquera des chevaux PRE.

L’administration du studbook et le programme d’amélioration de la race sont délégués en 2007 à l’ANCCE, Association Nationale des Eleveurs de Chevaux Espagnols existante depuis 1972. Même si la Cria Caballar avait commencé à constituer une base de données et une banque génétique, le sang de tous les exemplaires créés n’était pas systématiquement prélevé. L’ANCCE a mis en place un système de contrôle du PRE, race fermée aux croisements avec d’autres races, par test génétique de filiation. Cette banque de matériel génétique ainsi que les caractéristiques prélevées lors des tests d’aptitude à la reproduction permettent d’enregistrer l’évolution de la race et de mettre en place un programme d’amélioration. Cette démarche fait peu à peu évoluer les aptitudes du PRE vers la compétition de dressage classique.